Premier contact avec la pâte de sésame noir… L’hostilité

10 Déc

Plus de trois heures dans une salle. Ils sont cinq, en robe. Ils sont cinq, en robe, en robe rouge. Avec elle ils sont six. Nous sommes plusieurs. Ses parents au premier rang, des amis, des membres de la faculté. Nous nous sommes assis tout au fond, au troisième rang. Contre le mur.

Pâte de sésame noir 115 gr

La salle bien que très claire est oppressante. Trois rangs, impossible de sortir de sa chaise. Elle, elle est calme. Elle, elle soutient. Cela aurait pu être Il. En l’occurrence c’est elle. Elle soutient sa thèse. SEPT ans de travail pour arriver, là, aujourd’hui, dans cette pièce. Elle n’a pas l’air d’être stressée.

Il fait chaud.

Elle aura tout, les félicitations du jury, à l’unanimité, avec autorisation de publier, en l’état. Tous les attributs y sont, même si je ne suis pas certaine que ces parents saisissent ce que cela signifie.

Le Il de Elle a été tendu toute la soutenance. Visage serré. Il revit la sienne.

Moi, un peu angoissée, j’imagine la mienne et celle de l’Il.

Tout va si vite. Dans deux ans pour lui il sera temps. Dans trois ans pour moi.

Tout va si vite. Déjà un an et demi de thèse, et l’autre jour, en sortant de la pitanalyse, je crois que j’ai réalisé que ça y est. J’ai un semblant de métier.

Le grand bain peu encore patienter quelques minutes. Ces minutes de précieux répits… Ces minutes de compensation : thèse contre nourriture ; thèse contre cuisine ; présent contre cuisine.

Premier contact avec le sésame noir : l’hostilité.

Nous nous étions répéré. Lui, sur une étagère était sur de ses arguments… Et Nathalie qui l’avait testé m’en vantait les qualités. Il faut dire que Cléa s’était également accoutumée à sa présence dans les placards… Alors… Je m’étais laissée prendre pour quelques euros à ses charmes.

Alors ce fut une catastrophe…

Le premier contact a été difficile. Je plonge la cuillère dans le pot. Je m’attends à une consistance type nutella. Il n’en ait rien… De l’huile noire comme du pétrole. J’enfonce la cuillère et sous l’huile le béton.

Homogénéiser son caractère n’est pas une chose simple. Il faut se munir de ladite cuillère et tenter, sans évidemment éclabousser toute la cuisine, de mélanger l’huile au béton. Au passage vous tordez votre instrument.

Une fois chose faite vous pouvez laissez aller votre imagination. Et ce jour là, un chou romanesco m’avait été livré. Je voyais déjà mon fond de pâte (au sésame blanc) cuit à blanc, recouvert de sésame noir, sur lequel j’aurais disposé les petits sapins de chou romanesco…

Ce fut un énorme ratage.

La pâte au sésame blanc était ultra sablonneuse… mais le pire fut de tartiner le sésame noire sur le fond de tarte…Celle-ci a été littéralement arrachée au contact du couteau à beurre avec lequel je tentais une couverture.

J’ai donc transformé cela en une sorte de crumble … Et puis comme le sésame blanc avait rendu la pâte assez sèche, j’ai mis dans un mini verre de la sauce tomate avec de le kikoman et du gomasio (je n’étais pas rassasiée de sésame). Au final, nous avons dippés tout ça et j’avoue que cela était très bon (d’où la recette ici …. Je ne tente pas de vous empoisonner).

Mais cela n’avait rien à voir avec l’idée de départ…

4 Réponses to “Premier contact avec la pâte de sésame noir… L’hostilité”

  1. Nathalie 10 décembre, 2007 à 8:23 #

    Le sésame noir en salé, je n’y aurait pas pensé comme ça… Courage, tu vas vaincre le sésame, j’ai toute confiance en tes capacités d’adaptation. Bon courage aussi pour la thèse, c’est un travail de longue haleine…

  2. auseptiemedelatour 11 décembre, 2007 à 9:50 #

    Merci !!! Je retravaille à la maison aujourd’hui … Juste à coté de la cuisine .. Du coup, entre deux articles j’en profite pour tester de nouvelles recettes (sans sésame noir pour l’instant … Mais je n’ai pas dit mon dernier mot !)
    Bonne journée

  3. Clea 11 décembre, 2007 à 10:05 #

    Ce n’est que partie remise ! Comme je te le disais l’autre jour, la pâte de sésame noir de Kioko n’est malheureusement pas la meilleure (mais c’est la seule !). Essaye en sucré, d’abord, pour la dompter !

  4. La Mangue 12 décembre, 2007 à 8:50 #

    Mon Dieu, ton récit me donne des sueurs froides… Je n’arrive toujours pas à me faire à l’idée que je vais y passer. C’est grave, docteur ?
    La pâte de sésame noir, je l’aime bien sucrée dans les tangyuan (même si je préfère les haricots rouges).
    Quant à ta thèse, je ne m’inquiète pas, elle sera plus réussie que ce plat.

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