Cuisiner Mingoumango au Bancha Hojicha

29 Fév

Les auteurs sont lus.

Les bloggeurs sont-ils cuisinés ?

Dire que l’on cuisine Mingoumango est-ce exact ? Cuisine-t-on une personne ?

Le premier sens de « cuisiner quelqu’un » semble, a priori, péjoratif. On veut lui extirper des aveux, lui faire dire des choses gardées jusque là secrètes. Ce n’est évidemment pas le cas ici. Aucune intention de « cuisiner » une mangue, aussi brillante soit-elle.

Lire quelqu’un c’est assimiler la personne à son œuvre.

Lire Chapus comme s’il se résumait à ses manuels.

Un jour, à la Cujas, la bibliothèque des facultés de droit de Paris 1 et 2, j’ai vu Chapus. Pour de vrai. Ma relation avec lui a été, au début, un peu tumultueuse. Il faut dire que « le » Chapus est énorme. Et écrit en tout petit. Oui, mais c’est « la bible ». Chapus, l’Eternel du Droit administratif, Chapus Melekh Contentieux administratif … Cela laisse songeur (euse). En deuxième année, je me refusais à pratiquer le Chapus… Et puis mon redoublement m’y a tout doucement guidé… Jusqu’à ce que je devienne, de fait, une addict au Chapus. Je le surligne, lui corne des pages. Je met des annotations. Je me glisse jusqu’à ces plus petits alinéas. Quand je le retrouve, j’aime parcourir comme le petit Poucet, ces petites traces de moi. Il faut bien s’approprier les grands espaces. Ma rencontre avec cette référence fût aussi étonnante que fortuite. Je travaillais à la bibliothèque. Celle-ci se compose d’une très grande salle de travail, sous une verrière. Quatre grandes lignes de tables occupent l’espace. J’étais installée à l’une d’elle lorsque M. C. (pas Claude – René) s’est avancé. Au début, j’ai cru ne pas le reconnaitre. Il faut dire que la présentation des manuels est nettement plus austère qu’un ouvrage de BHL… La seule photo du grand homme que j’ai eu à voir se trouvait dans ses « mélanges » (en plus d’être lus, cornés, pratiqués, surlignés, les professeurs de droit sont « mélangés », en d’autres termes, leurs collègues et néanmoins amis leurs concoctent des articles sur leurs thèmes de recherche préférés, le tout regroupé dans des mélanges, en l’occurrence, les mélanges Chapus). Après avoir vérifié que j’avais bien celui-qui-règne sous les yeux, je suis tombée du ciel. Chapus est beaucoup moins épais que ces ouvrages. C’est un petit homme, fraile, presque chauve, à sac à dos. Un petit homme que l’on imagine sans histoire lui qui en écrit tant. Je continue à le pratiquer. J’aime l’idée du dépassement de soi par l’écrit.

La question reste entière. Puis-je cuisiner Mingoumango ? La main du premier degré m’arrêterait immédiatement en me voyant déjà prendre la mangue à pleine main, avant de la découper… pour la jeter dans un grand chaudron d’eau bouillante. Non- je-ne cuisinerais-plus-Mingoumango. Ni Clea d’ailleurs-Ni-aucune-d’entre-vous.

Chaudron.gif (8823 octets)

Je prendrais quand même du plaisir à cuisiner vos recettes. J’ai confectionné les cookies de Mingoumango. Pour leurs vertus inspiratrices et sereinisantes. Ce fût un succès. Doublé d’un brin de nostalgie. Les précédents cookies avaient été façonnés pour un gourmand-chocophile qui a depuis quitté les rives de la tour. J’en mord un à ton travail et pense bien à toi.

Guidé par la mangue, il ne pouvait en être autrement. La réussite était inévitable, je n’ai pas cherché à la fuir. D’autant que les minutes passées à côtoyer ce fruit ont été à l’image de son blog. Simples, jolies, généreuses, optimistes. Quelques minutes à la BNF, en dehors du travail, en dedans du cocon boisé. Quelques minutes pour rencontrer l’auteur d’un blog lu et apprécié. C’était bien et déroutant. Comme pour Chapus.

Le cookie se marie très bien au Bancha Hojicha, nouvelle acquisition du Palais des thés. Magnifiques feuilles. Boisé, fumé, iodé, grillé. Tout ce que j’aime pour un thé d’après-midi.

Les cookies de la mangue (magnifique copier-coller… parce qu’il n’y a rien à changer) :

60 g de beurre demi-sel ramolli
50 g de purée d’amandes blanches
130 g de sucre blond de canne
1 oeuf
2 c.c. d’extrait de vanille liquide
160 g de farine
1/4 c.c. de bicarbonate de soude
110-120 g de chunks (ou pépites de chocolat) noirs (j’ai mélangé des pastilles de chocolat blanc et noir) :

50 g de cerneaux de noix de pécan concassés(je n’avais malheureusement pas cela en stock…) :

3 Réponses to “Cuisiner Mingoumango au Bancha Hojicha”

  1. Elléa 29 février, 2008 à 5:00 #

    hello,

    juste un mot pour dire que je vous adore,
    vous, vos bidouilles culinaires et intellectuelles !

  2. Sha 1 mars, 2008 à 3:15 #

    J’ai dévoré ce billet !
    Et là je comprends pourquoi j’ai plus envie de telle ou telle recette. Les mots m’emportent et me transportent. Une véritable force.

  3. La Mangue 1 mars, 2008 à 3:34 #

    Ah, c’est trop d’honneur. Je ne suis pas un auteur, juste une gourmande qui aime bien raconter sa vie et ses petites histoires. Et j’avais tellement peur que tu me trouves fade…
    Bref.
    Le Chapus, je ne connais pas. En revanche, je connais le Pactet (je sais, c’est un peu naze comme référence, mais mon prof de droit constit, Masclet, nous faisait bosser dessus).
    Et le Bancha Hojicha non plus, je ne connais pas. J’irai faire un tour au Palais des thés un de ces quatre.
    (Au fait : tu as oublié un « n », c’est MiNgoumango).

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