Lire et écrire… et manger de la soupe miso au potiron

8 Avr

Fermer le livre le cœur battant et les larmes aux yeux

C’était un vendredi. PL venait de rentrer à Grenoble, nous avions déjeuné à la maison. Après le repas, harassée de fatigue qu’elle était, ses jambes s’étaient précipitées sur le canapé rouge. Son petit corps s’était pelotonné et ses yeux doucement s’étaient fermés. Une couette sur elle pour ne pas qu’elle ai froid. Pendant ce temps là, je rangeais deux trois choses dans la cuisine, le temps d’entendre le frémissement de l’eau dans la bouilloire. Elle était paisible, ses paupières laissaient deviner de très fines veines bleues. Comme quand elle était petite.

S. m’avait offert le week-end précédant un livre. L’année dernière nous avions pu assister au salon. Nous avions rencontré Joan Sfar et Lewis Trondheim. Je ne connaissais pas encore Boulet, Gally, Pénélope et Loicsecheresse mais j’avais découvert Alexis Clérisse dont le jazzman ondulé n’avait pas été sans me rappeller Voutch. Cette année nous avons entendu, lu et vu passer le salon. Dommage parce que j’aurais bien aimé y aller. Pour y être. Pour ne pas rester dehors. L’humeur était vagabonde et le monde n’a pas cessé d’occuper le canapé. Jusqu’à ce qu’un ouvrage, Moi Anastasia, vienne par l’enchantement amoureux prendre sa place dans mon sac.

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256 pages ont donc attendu ce vendredi paisible. Tout était calme, PL s’était assoupie. Je me suis alors assise de l’autre côté du canapé, glissé mes pieds froids sous les siens chauds, recouverte de la grosse couette. J’ai ouvert le livre.

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Il me semble qu’il compte quatre nouvelles. La première m’a laissé sans le souffle. Je crois pouvoir dire que l’histoire, en tant que telle, n’a rien d’extraordinaire. En revanche la justesse du ton, l’exactitude des descriptions, la moiteur de l’air, le bruit du ventilateur, l’odeur du tabac froid, le sourire d’une amie, la moquerie plaisante, le cœur déchiré, comme si tout cela avait été vécu. Comme si, rien qu’à lire, je sombrais dans cette dépression, le laisser-aller de l’appartement, comme cet homme qui ne voulait plus se lever. Et puis le sentiment d’être trompée et de s’être trompée. Rien de fascinant dans l’histoire mais une précision telle de l’écriture que j’ai eu peur de réouvrir le livre. Le lecteur n’a pas le droit à une happy-end. J’ignore s’il existe un lien entre ce constat et ce livre, mais je me souviens d’avoir vu à Eilat l’année dernière des filles sublimes et dures. Plus sèches que Dina hébergeant cette improbable fanfare.

Fermer le livre à ventre ouvert

Chroniqué un peu partout et notamment ici et sous les doigts de l’envie d’avril, j’avais eu très envie de lire ce Room-service.

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Jolie édition d’Actes Sud, belle couverture et beau papier. Ma mère m’avait offert, l’année de la terminale l’Antigone de Bauchau, paru dans cette même collection. J’ai depuis toujours un peu d’appréhension à l’idée de réouvrir ses frères. J’espère revivre les instants passés avec elle… Et c’est rarement le cas.

Projeter ce que je désire et ne pas laisser le désir s’imposer. L’attendre plus que d’en être surprise. Souvent, le manquer. Aussi, c’est difficile quand tout le monde écrit que c’est génial. forcement, on s’y attend. Comme un film sympathique alors que l’on pense aller voir un chef d’œuvre. S’emballer. Parfois cela vaut la peine de s’emballer rien que pour s’emballer, même s’il en résulte une petite déception.

22. 22 auteurs avec qui j’ai passé les derniers instants d’éveil, adossé aux gros oreillers. Et puis, diner à leurs tables des mets souvent anciens et très en sauce, pendant que je sirotais une tisane brulante.

Une bonne expérience, que j’aurais souhaitée peut être plus romancée.

Ouvrir son livre

Une bonne nouvelle. À force de lecture, j’ai repris gout à l’écriture. Aucune prétention littéraire. Juste l’envie de se remettre à l’office. Lire tous les livres cuisinant de près ou de loin mon sujet. Disséquer les moindres expressions, faire bouillir le jus et réduire, confire, sentir le gout de l’ordre public. Et puis, le plus difficile, retourner face à soi même, se remettre à écrire quelque chose. Rendre compte des opérations. Le noter pour soi. Petits cailloux.

Ouvrir son livre à elle

Une bonne nouvelle. Encore. Au hasard de déambulations dans les rayons gris et dorés, j’ai croisé son livre. Inutile de dire que comme les autres… Il a été dévoré. Après ce petit voyage, il y avait dans nos bols de la soupe miso au potiron.

Cuisiner les ingrédients japonais

La soupe miso au potiron sans photo

  • Une cuillère à café de soupe miso
  • Un litre d’eau
  • Des algues wakamé coupé en tronçons de 3 à 4 centimètres
  • Des petits dés de potiron
  • Un oignon nouveau

Diluer le miso dans l’eau, ajouter l’oignon émincé, l’algue et les petits dés de potiron, porter doucement à frémissement.

4 Réponses to “Lire et écrire… et manger de la soupe miso au potiron”

  1. Clea 9 avril, 2008 à 6:36 #

    Ca alors ! Déjà ?? Mais tu m’as devancée, je voulais te l’offrir… Décidément, les rayons gris et dorés sont limite trop ponctuels cette année ! En tout cas, heureuse de le voir déjà dévoré et testé !

  2. auseptiemedelatour 9 avril, 2008 à 11:10 #

    Arrh, alors il fauda me le dédicacer !!!

  3. La Mangue 9 avril, 2008 à 9:26 #

    Ah, il est tard et il faut que j’aille me coucher, sinon je n’arriverai jamais à me lever demain matin…
    Je reviendrai demain pour lire tranquillement ton billet.

  4. auseptiemedelatour 9 avril, 2008 à 9:30 #

    Et oui, je me suis tue trop longtemps … D’où la taille du post :-)

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