* Le souffle court d’Apprendre à finir

28 Juil

Il est des livres dont on sait qu’ils nous arriveront dans les mains. Ce que l’on ignore, c’est quand.

Apprendre à finir a été couronné du prix du livre Inter. En 2001. J’ai la quasi certitude de l’avoir commencé. J’avais sans doute du le voir dans la bibliothèque de ma mère, feuilleté, comme ça, un peu debout, un peu une jambe repliée sur le genoux de l’autre. Et puis non.

Dans la librairie, ce livre est redescendu de mes souvenirs. Cela convenait à la situation, Apprendre à finir.

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Apprendre à finir – LAURENT MAUVIGNIER

Apprendre à finir n’est pas drôle. Pas même l’ombre d’un rictus. Apprendre à finir serre sérieusement le ventre. J’en déconseille la lecture de chevet.

Une angoisse saisissante m’a tenue. Être aimée. Aimer l’autre. Ne plus aimer. Ne plus être aimé. Et puis il y a la description de ces milles et un petits gestes. Tapoter l’oreiller. Apporter des fleurs. Enlever puis pendre son manteau. Aller chercher du pain. Le bonheur de se donner et, en même temps, la douleur de le faire alors que l’on sait l’autre indifférent. Solitude extrême.

Apprendre à finir avec ses projections, ses rêves de vie parfaite, de vie qui recommencerait, comme avant, non, mieux qu’avant.

Nous suivons les pensées de cette femme. Moins qu’un raisonnement, il s’agit ici de suivre le fil de ces rancœurs, de ses désirs. Le style de l’écriture est fidèle à cette situation de départ. Phrases saccadées, elle est à bout de souffle, sa – notre – gorge se comprime. Phrases au long court, elle défait sa petite pelote à souvenirs. On en voit plus la fin. Il y a bien des virgules, mais le point se fait attendre. Il est tant difficile de mettre un terme.

On en ressort moins remué par le fond de l’histoire que par l’intensité des sentiments. Je me souviens de cette remarque, formulée par un des membres du jury du livre inter de cette année, c’est un livre qui continue de vivre en nous. Autant je ne partage pas cet avis pour Boulevard périphérique, lauréat de cette année, autant cette réflexion raisonne bien pour Apprendre à finir.

Une Réponse to “* Le souffle court d’Apprendre à finir”

  1. eva 30 juillet, 2008 à 7:21 #

    Demain, je l’achète et je le prends pour les vacances ! Adjugé !

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