* Des petites choses d’été pour des petites choses fragiles

2 Août

Elle n’était pas là pour longtemps. Entre deux – quatre – dix destinations (Kerouac – le fado – Bergman – pourquoi pas Pinault ? ) ils ont finalement opté pour les Štrukli et les lacs de Plitivice.

Elle n’était pas là pour longtemps, alors il fallait faire un peu vite, et surtout bien, parce qu’un bon repas en dit plus long que de trop nombreuses interrogations.

La figue était moelleuse et duveteuse, la tomate sucrée, la mozzarella relevée, la tome de chèvre puissante, la courgette gelée, l’umebosis salée, la carotte anisée, le caramel italien.

En tailleur sur le canapé.

DSC_7311.jpg par vous

J’ai goulument lu Mangez-moi d’Agnès Desarthe. Elle raconte cuisiner dans le silence complet, pour entendre les ingrédients. Le chuintement du beurre, le couteau qui dissèque, décapite, scinde, le bruit de la porte du frigo. Comme le nageur mécanique ne sentant plus l’eau, sa pensée s’échappe, elle n’est plus dans ce qu’elle fait, elle est en elle. Enfin.

La radio tourne tout le temps ici. Je n’y prête pas forcement attention. Je ne suis pas franchement d’une grande technicité. je fais un peu les choses comme-ça. Sans trop savoir pourquoi. Je ne réfléchie pas. Je me perd dans des gestes intuitifs et machinaux. Je divague intérieurement.

Il aura tout de même fallu savoir ce que je voulais préparer. Connaissant mon étourderie dans ces moments là, je griffonne sur un post-it les petites choses à préparer. Petit carré jaune sur le mur qui me rappelle à ce que j’ai décidé.

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Une petite boule d’umebosis

Je l’avais déjà façonnée lorsqu’ils étaient venus à la maison. C’était simple et rapide. Doux et acide. Et comme elle était à l’origine de ma découverte du précieux ingrédient … Elle m’a offert ce soir là du vinaigre d’umebosis. Il colore depuis joyeusement la sauce-salade d’un rose flashy. redoutable avec de la purée d’amende.

– petit billy ou mieux, un petit fromage de chèvre frais

– de la purée d’umebosis (trouvée chez satoriz)

Rien de très compliqué. Il suffit de mélanger le chèvre et l’umebosis (en proportion, 4/5 – 1/5), le plus simple étant de gouter et de se fier à la couleur.

J’aime cette petite boule lorsque le chèvre demeure bien présent, bien oncteux et que l’umebosis le releve amicalement d’une note acide et très salée.

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Les figues roties

Les figues étaient rondes, elles sentaient le petit passage derrière l’immeuble de mes grands-parents et cette maison en corse, il y a deux ans.

Lorsque S. est parti chercher du petit chèvre à faire dorer dessus. Le fromager lui a conseillé cette petite tome de chèvre. Il l’a râpée et mise dans un petit sachet.

C’était une excellente idée. La figue fût tranchée en son milieu, sa chère légèrement tassée pour accueillir le fromage. D’un coté, le chèvre frais, un peu de miel et de la viande de veau séchée (presque fade d’ailleurs) en guise de barde. De l’autre, la tome rapée avec là aussi un peu de miel.

La seconde moitié était un peu meilleure, plus forte en gout.

Au milieu des figues, le caramel de balsamique de loukoum. Un délice. Autant de grammes de sucres que de vinaigre. Sur feu moyen, remuer doucement jusqu’à ce que le vinaigre épaississe.

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Tomates – mozza – Je ne m’en lasse pas

DSC_7313.jpg par vous

Les plants de tomates cerises sur notre balcons n’ont pas « pris ». Certes, dans une balconnière c’est difficile. Ce n’est pas par manque de soleil. Les feuilles se couvrent de petites taches jaunes, puis se racornissent. Elles sechent. Bilan de l’opération une tomate cerise jaune dégustée (nous avons su l’apprécier), et une dizaine sur pieds. Des rondes-oranges, des poires jaunes et oranges. deux rondes rouges d’un diamètre d’un centimètre.

Lorsque j’ai vu ces barquettes de tomates cerises de toutes sortes (oranges, rouges, jaunes, vertes, vertes et rouge à l’intérieur), j’ai pensé au cookie-masqué. Et puis, j’ai vu que cette grosse barquette était à un euro. Alors, j’en ai pris deux.

Pas de tartare de tomates cependant.

Découper des tranches relativement épaisses de très bon pain, les mettre au four à 120 ° pendant un quart d’heure. L’extérieur devient alors légèrement sec, alors que l’intérieur demeure moelleux. Sortir les tranches de pain, les caresser légèrement avec une gousse d’ail frais (incroyable découverte que celle de l’ail frais – rien à voir avec l’ail séché, les avantages sans les inconvénients). Filet d’huile d’olive, fruitée si possible. Puis, une couche de tomates, une couche de mozzarella (di buffala – ce n’est pas tant pour le chic, mais plutôt pour son gout – un vrai gout – pas du caoutchouc blanc). Re filet d’huile d’olive. Au gril du four, 3 ou 4 minutes, juste pour faire fondre la mozzarella tout en gardant la texture des tomates.

C’est classique, mais c’est toujours efficace.

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Le granité de courgettes et les petites salades froides

DSC_7311_2.jpg par vous

Pour le granité de courgettes :

– Une grosse courgette

– De la menthe

– Du basilic

– Un peu de thym

– Une gousse d’ail (frais si possible)

– Du gomasio (ou du sel et des graines de sésame torréfiées)

Raper la courgettes, puis la mettre dans une poelle avec la gousse d’ail scindée en deux. L’idée ici est de faire s’évaporer une bonne partie de l’eau de la courgettes.

Lorsque la courgette ne rend plus d’eau, selon votre gout enlever ou non l’ail, puis, passer rapidement au mixeur, ajouter enfin les herbes, le gomasio et l’huile d’olive.

Faire prendre cette préparation au congélateur. Remuer toutes les trente minutes environ. Il faut bien deux heures pour obtenir une consistance granité.

Pour la salade rose :

– Une petite bettrave

– Un melon

– Du vinaigre d’umebosis (une cuillère à café par petit verre)

– Du basilic

Faire cuire la betterave, pendant ce temps, débiter le melon en petits cubes, de même avec la betterave cuite et rafraichie. Ajouter l’assaisonnement. Servir bien frais.

Pour l’autre salade :

– Un demi concombre

– Une pèche

– Deux abricots

– Deux tomate

– Du vinaigre balsamique (une cuillère à café par petit verre).

Proceder de la même façon que précedemment.

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Deux dernières choses avant de se quitter

Une petite purée de carottes anisée

– Quatre petites carottes

– Un fenouil

– Une bonne poignée de graines de touresol

– À titre facultatif, une cuillère à café de marmite

Faire fondre doucement (feu 4-5) les carottes et le fenouil dans un peu d’huile, rajouter au beosin un peu d’eau.

Faire griller les graines de tournesol.

Lorsque les carottes sont cuites, mixer, rajouter à la fin les graines. C’est bon tartiné.

Le roulé de courgettes au Saint-Marcellin

– Deux petites courgettes

– Un Saint-Marcellin

Decouper dans sa longueur la courgettes (environ 5 mm d’épaisseur). Passer ces tranches dans un peu d’huile d’olive et les faire griller au four (d’abord 180° – 6/7 minutes puis grill 2 minutes).

Laisser refroidir, lorsque les tranches sont tempérées, disposer un bon bout de Saint-Marcellin à une extrémité et rouler la tranche sur elle-même. Tenir enroulé avec un petit pic en bois.

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A succédé un cheese-cake.

On a fait des miettes. Il y en avait plein le canapé.

4 Réponses to “* Des petites choses d’été pour des petites choses fragiles”

  1. Squatteuse 2 août, 2008 à 4:42 #

    HUMMM !!! ca fait rever… que c’est beau… et j’ai déjà l’odeur de la figue et du chèvre corse qui s’échappe de l’écran d’ordi.
    Désolée pour la dégustation de « bagelbrothers », mais y’a pas ça dans ma ville… En revanche, si tu y tiens vraiment, je crois que je peux faire une commande et me faire livrer à la maison (à confirmer cependant).
    Au pire, tu vas etre obligée de faire le voyage: une bonne raison pour se rendre au pays de la Birkenstock (dont, au passage, la mode décline au profit de ces étranges sabots en plastique à trou… étrange) !
    Bises à tous les deux

  2. les chéchés 4 août, 2008 à 2:04 #

    les petites choses d’été, c’est déjà si joli… des moments précieux, juste déposés, tellement fragiles qu’ils pourraient s’envoler.
    la figue juteuse, le fromager consciencieux qui a si bien su conseiller un fromage, rapé et glissé avec soin dans un petit sachet, les tartines de tomates mozzarella (di buffala, inégalable…) je me croirais dans une maison de poupée où tout y est délicieusement miniature, l’attention de petite fille émerveillée qui n’oserait pas toucher… mmm… c’est bon, si bon.
    merci, pour ce moment de lecture délicat et gourmand. je me delecte de ces jolis mots, qui flottent encore autour de moi comme un parfum enivrant dont je ne me lasse plus…

  3. Le Cookie Masqué 13 août, 2008 à 3:32 #

    J’ai aussi avalé d’une traite Mangez moi. Tout me fait envie, surtout … tout.

  4. p. l. 22 août, 2008 à 11:08 #

    ma soeur est une déesse le saviez vous ?

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