Une chape de plomb pesait sur l’appartement et plus généralement sur toute la ville. Grise et blanche. Presque aveuglante. La cuisine ronronnait du chaud du four et de l’odeur des scones du matin. S. dormait encore, plus pour longtemps. Le thé ramené l’année dernière d’un grand magasin vert, le beurre froid et l’éternelle marmite.
Petite somnolance. Du travail à faire mais envie de ne rien faire. Se pelotonner à l’intérieur mais ne pas vouloir y rester toute la journée. J’ai un peu pensé aux colis et à noël. Aux cadeaux et aux recettes. Suis alors tombée dans sa Foodbox (note du 14 novembre) et y ai trouvé ses canestrelli au limoncello et à l’huile d’olive. Lumineux et doux. Parfait alibi s’il en fallait un.
La pâte si parfumée, le plaisir de jeter de la farine – un peu partout –, petit emporte-pièce, plaque. Dans le four, cela sentait bon les vacances à Capri. Les vacances de première ES, Pompéi et les soirées dans les chambres, le paquet de cigarettes bleu. J’ai remercié Lili pour ce fumet cul-cul-istiquement fantastique.
*
* *
Refaire surface. Envie d’aller voir au dessus si on y est.
– J’espere que l’on va trouver un peu de soleil … Je mets quoi comme chaussures ?
– Tes baskets. Et prends un bonnet aussi. Tu vas avoir assez chaud ?
– Attends on va prendre un thermos et des petits sablés.
Comme je ne supporte pas la voiture, surtout par temps blanc, le siège est couché. La voiture se transforme en un immense berceau, la dame de France cul’ nous fait visiter le petit palais, la cérémonie du thé et l’ikebana. Je sors de l’esprit zen au col, le brouillard se déchire. Les couleurs sont incroyables. Le bleu franc et le vert si vivant. Hâte d’être arrivée.
Un monde pas croyable là haut. Tout Grenoble est monté respirer. Des files de fourmis colorées sur les pans verdoyants de la petite montagne. On se joint à elles. Le vent, le soleil, la mer partout. On se sent vivre ici.
*
* *
Le limoncello a disparu des petits gâteaux. Resté bloqué dans le four ou dans le temps. Ce nouveau thé sera délicieux froid cet été.
Les cani(e)strelli potentiellement au limoncello de la valise italienne de la foodbox (avec les aménagements rendus nécessaires par les pénuries locales)
- 180 g de farine
- 100 g de beurre pommade
- 2 càs d’huile d’olive extra vierge
- 3 càs de Limoncello
- 70 g de sucre
. Mélanger tous les ingrédients ensemble jusqu’à obtenir une pâte assez aérienne, presque mouseuse, legère en tout cas.
. Placer au frigo cette boule de pâte pendant une petite demi-heure.
. Etaler (ici cela serait plus 3-4 mm que 5-8 … option petits sablés c/palais bretons) et découper des petites formes avec un emporte-pièce.
. Enfourner à 145° pour 10 minutes et saupoudrer de sucre à la sortie du four.
les canistrellis, je rêve de les re-goûter tellement c’était délicieux…
j’aurais bien chaussé mes baskets, pour mettre le nez au soleil et remplir mes yeux d’aussi belles choses…
Ah ! Le plaisir aurait été plus que partagé ! Bon, ceci dit, il n’est pas complètement inimaginable de se les partager ces petits biscuits :)
Si seulement on pouvait, nous, grimper au dessus des nuages.
Si tu savais comme j’aime te lire, tu écrirais tous les jours.
ouaouh ! et encore, c’est bien loin de ce que je pense !
Si tu savais le bien que cela me fait de revoir ces images de montagne, de mer de nuage qui ont fait parti de moi pendant 23 ans…vivement Noël que je les retrouve