D’autres vies que la mienne et des muffins au chocolat et à la noix de coco pour redonner de l’épaisseur à tout ça

3 Mai

Assise Affalée sur une chaise de jardin, les jambes étendues sur une autre. Il fait chaud pour la première fois de l’année. Nous avons englouti le barbec’ inaugural de saison, une salade assaisonnée à la perfection et un Saint honoré bien trop ambitieux. Il doit être aux alentours de 15h. Je renonce à l’écriture de l’article qui m’aurait confiné dans une chambre. D’Autres vies que la mienne m’importe et j’en reprends la lecture.

Il ne me faudra pas longtemps pour re-sentir le désarroi de la perte d’une sœur, d’une enfant, d’une précieuse collègue de travail, d’une mère. La colère sourde du renard qui sommeille dans le ventre, le chagrin inondant le diaporama. Et puis, au détour de quelques pages, de manière complètement inattendue, je verrai mon sujet de thèse intéresser des magistrats.

Incroyable tout ce que la vague des autres vies que la sienne bouleverse. L’impression de s’être confrontée à des instants attroces. D’avoir vécu l’instant où tout bascule. Le moment où, maintenant, la vie ne sera plus jamais comme avant. Et puisque la démarche de lire est volontaire, pourquoi vouloir ressentir ces chocs. Parce que ces temps là sont rendus si quotidiens. Parce que cela pourrait être demain. Parce que l’auteur y décrit la beauté des gestes mutuelles attestant l’amour des uns envers les autres. Acquérir des expériences. S’en sortir plus forte. Sensible.

Seul hic, presque inavouable, Emmanuel Carrère. Je l’imaginais grand, altier, châtains clairs et dans le soleil ces cheveux seraient devenus blond. Il ne ressemble aucunement à sa version fantasmée. Phénomène étrange, après avoir vu sa photo, il m’était impossible de calquer le livre sur son visage. Impossible de l’imaginer lui, dans son rôle. Je m’en suis voulue comme d’être allée voir au cinéma un roman apprécié. Comme si son histoire devenait factice. Comme une réplique gâchée par un mauvais acteur. C’était injuste. À bien y réfléchir, cet incident m’a rendu le roman. Les faits sont véridiques, mais ce n’est pas un real book. C’est un roman parce que les événements sont relatés. Mis en scène. Une subjectivité s’immisce nécessairement. C’est ce qui en fait un roman. Un excellent roman. C’est aussi ce qui pose une distance salvatrice entre la (ma) vie et celle du livre. Celle qui permet de se dire que, aujourd’hui, tout va bien.

À 18h30, j’avais des points rouges au bords des lèvres. Je remerciais le soleil d’estomper les larmes sur la robe et de m’autoriser à porter mes lunettes de soleil. Vivre cette expérience dans un lieu dénué d’intimité et devoir s’expliquer de tout ça n’était pas idéal. J’ai fermé les yeux, profité de la chaleur du moment et pris une grande inspiration. Je crois être passée inaperçue.

C’était un excellent premier mai.

En dépit de tout ce que j’avais ingéré, je me sentais complètement liquéfiée. Pour reprendre un peu de texture, les muffins au chocolat et noix de coco de Bob me semblait appropriées. Ai procédé à quelques modifications (aucun gout pour le chocolat en poudre). Résultat des plus convaincants.

Les muffins Choc/Noix de coco pour redonner de l’épaisseur

Pour 6 muffins dans des moules de 6 à 7 ctm de diamètre :

– Les ingrédients secs :

  • 50 g de farine complète
  • 100 g de sucre
  • 1 cc de levure chimique
  • 30 g de noix de coco râpée

– Les ingrédients liquides :

  • 40 ml de lait de coco
  • 50 g de chocolat noir à faire fondre dedans (on peu encore monter la dose à 85. À 50 c’était presque limite)
  • 60 ml d’huile de tournesol (un vrai plus comparé au beurre, le muffin gagne en moelleux).
  • 2 œufs, blanc et jaunes séparés

– La recette

  • Four à 200°
  • Mélanger d’abord tous les ingrédients secs
  • Huile + jaunes d’œufs
  • Lait de coco + chocolat à faire fondre
  • Intégrer le liquide avec le sec
  • Monter les blancs en neige et les incorporer à la préparation
  • Mettre dans les moules et saupoudrer d’un peu de noix de coco
  • Cuire 20 minutes.

Au final, les muffins sont très moelleux, pas secs du tout, un vrai gout de noix de coco (la conjonction lait + noix râpée est à cet égard est vrai succès). Ils se conservent parfaitement. Idéal avec un genmaicha et un bencha hojicha.

2 Réponses to “D’autres vies que la mienne et des muffins au chocolat et à la noix de coco pour redonner de l’épaisseur à tout ça”

  1. auseptiemedelatour 3 mai, 2009 à 11:15 #

    En fond de toile de muffin : l’excellllllentissime Pinocchio de Winshluss, à lire assurément !

  2. les chéchés 4 mai, 2009 à 8:27 #

    le premier mai était bien différent chez nous… vivement les piedsdaans l’herbe chaude, les lunettes de soleil et le livre qui transporte.
    des bises!

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