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D’autres vies que la mienne et des muffins au chocolat et à la noix de coco pour redonner de l’épaisseur à tout ça

3 Mai

Assise Affalée sur une chaise de jardin, les jambes étendues sur une autre. Il fait chaud pour la première fois de l’année. Nous avons englouti le barbec’ inaugural de saison, une salade assaisonnée à la perfection et un Saint honoré bien trop ambitieux. Il doit être aux alentours de 15h. Je renonce à l’écriture de l’article qui m’aurait confiné dans une chambre. D’Autres vies que la mienne m’importe et j’en reprends la lecture.

Il ne me faudra pas longtemps pour re-sentir le désarroi de la perte d’une sœur, d’une enfant, d’une précieuse collègue de travail, d’une mère. La colère sourde du renard qui sommeille dans le ventre, le chagrin inondant le diaporama. Et puis, au détour de quelques pages, de manière complètement inattendue, je verrai mon sujet de thèse intéresser des magistrats.

Incroyable tout ce que la vague des autres vies que la sienne bouleverse. L’impression de s’être confrontée à des instants attroces. D’avoir vécu l’instant où tout bascule. Le moment où, maintenant, la vie ne sera plus jamais comme avant. Et puisque la démarche de lire est volontaire, pourquoi vouloir ressentir ces chocs. Parce que ces temps là sont rendus si quotidiens. Parce que cela pourrait être demain. Parce que l’auteur y décrit la beauté des gestes mutuelles attestant l’amour des uns envers les autres. Acquérir des expériences. S’en sortir plus forte. Sensible.

Seul hic, presque inavouable, Emmanuel Carrère. Je l’imaginais grand, altier, châtains clairs et dans le soleil ces cheveux seraient devenus blond. Il ne ressemble aucunement à sa version fantasmée. Phénomène étrange, après avoir vu sa photo, il m’était impossible de calquer le livre sur son visage. Impossible de l’imaginer lui, dans son rôle. Je m’en suis voulue comme d’être allée voir au cinéma un roman apprécié. Comme si son histoire devenait factice. Comme une réplique gâchée par un mauvais acteur. C’était injuste. À bien y réfléchir, cet incident m’a rendu le roman. Les faits sont véridiques, mais ce n’est pas un real book. C’est un roman parce que les événements sont relatés. Mis en scène. Une subjectivité s’immisce nécessairement. C’est ce qui en fait un roman. Un excellent roman. C’est aussi ce qui pose une distance salvatrice entre la (ma) vie et celle du livre. Celle qui permet de se dire que, aujourd’hui, tout va bien.

À 18h30, j’avais des points rouges au bords des lèvres. Je remerciais le soleil d’estomper les larmes sur la robe et de m’autoriser à porter mes lunettes de soleil. Vivre cette expérience dans un lieu dénué d’intimité et devoir s’expliquer de tout ça n’était pas idéal. J’ai fermé les yeux, profité de la chaleur du moment et pris une grande inspiration. Je crois être passée inaperçue.

C’était un excellent premier mai.

En dépit de tout ce que j’avais ingéré, je me sentais complètement liquéfiée. Pour reprendre un peu de texture, les muffins au chocolat et noix de coco de Bob me semblait appropriées. Ai procédé à quelques modifications (aucun gout pour le chocolat en poudre). Résultat des plus convaincants.

Les muffins Choc/Noix de coco pour redonner de l’épaisseur

Pour 6 muffins dans des moules de 6 à 7 ctm de diamètre :

– Les ingrédients secs :

  • 50 g de farine complète
  • 100 g de sucre
  • 1 cc de levure chimique
  • 30 g de noix de coco râpée

– Les ingrédients liquides :

  • 40 ml de lait de coco
  • 50 g de chocolat noir à faire fondre dedans (on peu encore monter la dose à 85. À 50 c’était presque limite)
  • 60 ml d’huile de tournesol (un vrai plus comparé au beurre, le muffin gagne en moelleux).
  • 2 œufs, blanc et jaunes séparés

– La recette

  • Four à 200°
  • Mélanger d’abord tous les ingrédients secs
  • Huile + jaunes d’œufs
  • Lait de coco + chocolat à faire fondre
  • Intégrer le liquide avec le sec
  • Monter les blancs en neige et les incorporer à la préparation
  • Mettre dans les moules et saupoudrer d’un peu de noix de coco
  • Cuire 20 minutes.

Au final, les muffins sont très moelleux, pas secs du tout, un vrai gout de noix de coco (la conjonction lait + noix râpée est à cet égard est vrai succès). Ils se conservent parfaitement. Idéal avec un genmaicha et un bencha hojicha.

Le remplaçant de cet après-midi était savoureux, le gingembre fumant l’était tout autant

26 Avr

« C’était il y a cinq ans. Un ami m’avait envoyé des Etats-Unis le magnifique ouvrage de Claudia Roden, The book of Jewish Food, sur la cuisine juive dans le monde. Je m’étais assise à ma table et je le lisais, comme on lit des poèmes ou des contes, tournant les pages avidement, incrédule face aux richesse que me dévoilait chaque chapitre organisé autour d’une région. J’arrivais enfin à ce qu’elle nomme « Anglo-Jewery » et qui désigne en fait la cuisine russo-polonaise. Je passai rapidement la section des soupes et des nouilles pour me plonger dans la pâtisserie. Je lus le gâteau au fromage blanc, l’apfel strudel, et soudain, mes yeux s’emplirent de larmes car je me rendis compte que j’étais en train de déchiffrer la recette des biscuits de ma grand-mère Tsila, disparue une dizaine d’années plus tôt.

Les pletz (c’est ainsi qu’elle les nommait) étaient de petits sablés au graines de pavots, dont la production hebdomadaire assurait la consommation quotidienne. Elle les conservait dans une boite en fer-blanc carrés que j’adorais ouvrir, que j’adorais qu’elle ouvre. Les pletz étaient une nourriture parfaite : croquants, pas trop sucrés, parfois grillés sur les bords. Ils étaient irréguliers et souvent assez moches, parce que ma grand-mère n’avait rien d’une maniaque ; mais leur disgrâce ne faisait qu’ajouter à leur magie.

Je pleurais en lisant la recette à cause du souvenir du pletz émmieté dans le thé de Mami, à cause des choses perdues et jamais retrouvées, à cause de l’enfance si lointaine.

Une semaine plus tard, je décidais d’en fabriquer une fournée. J’achetais les ingrédients nécessaires et entrains dans ma cuisine, armée du livre rédempteur. je le feuilletai rapidement, impatiente de retrouver la page que j’avais dû corner. Mais non, je tombais systématiquement sur le lekeh, ou les oumentashen. »

Agnès Desarthe, Le remplaçant, Édition de l’Olivier, 2009.

Tout raisonne. Le rythme. La sonorité des mots. Les dibboucks. L’analyse des objets précieux, entreposés dans les placards des grands parents. Les histoires que l’on s’invente. Tout.

87 pages de plaisir, de sourires, de serrement de gorge. 87 pages d’hommage au remplaçant de son grand-père. 87 pages de réflexions enfantines. 87 pages à lire. Évidemment. Résolument.

*

* *

S’il fait soif et que votre gosier réclame du chaud, un breuvage simplement délicieux, une infusion de gingembre frais.

  • De l’eau frémissante
  • Du gingembre frais coupé en dés
  • Éventuellement un peu de sucre

Placer les dés de gingembre dans un petit sachet ou une boule à thé et verser de l’eau chaude dessus, dans un thermos. Laisser infuser le temps que vous jugerez nécessaire selon votre gout, et agrémenter au besoin d’un peu de sucre.

Presque pas une recette, mais une boisson découverte et non oubliée depuis, dans un lieu où l’on parle avec un accent et où l’on déguste, simplement, des smoothies, muffins, sandwiches et salades. Au Bob Juice Bar.

Des livres, de l’étude du livre, de la logique … Et un ingrédient fou

9 Mar

DSC_2834_1 par vous

Écrire encore encore encore.
Se sentir produire.
Vivre, en fait.
Finir d’écrire. Pour un moment.
Souffler.
Respirer.
Puis ne plus le pouvoir. Sinusite, mouchoirs, huiles essentielles.
La grande armada au chevet.
Au programme : des livres, un DVD et un ingrédient qui rendrait fou l’amant de BarBara.

** Des livres **

La radio s’ouvre tous les matins, à 6h45. Heureux moments que ceux du demi-someil. Encore un peu. Se rendormir en renouvelant les douces pensées adressées à notre oreiller quelques heures auparavant.
Un de ces matins, la voix de Philippe Djian m’avait fait rire. Je ne me souvenais que de cela lorsque, finalement, je m’étais levée.
Plus tard,  j’entrais dans la librairie et demandais à l’homme aux milles et unes chemises mais à l’unique paire de lunettes de me conseiller pour « mon premier Djian ». Serrement au cœur, une mou traverse son visage. Une mou à la mouai, une mou à la bof, une mou à la « et-celui-ci-il-est-vraiment-bien-vous-devriez-le-lire ». L’auteur qui avait fait rire mon peu de conscience n’emballait pas mon libraire, auquel pourtant je livrais ma table de chevet en pleine conscience.

Il me recommandait finalement Sotos après un : « Celui-là est pas mal » et cette précaution d’usage : « oui, Djian, c’est assez visuel comme écriture. Cela fait très série ».

Folle corrida par vous

Lecture rapide. Bon signe. Et je n’étais pas encore malade.
L’histoire importe peu. Dans ce livre, on court, on boit, on a chaud, on se baigne, on saigne, on brûle, on pique. Beaucoup d’émotions. Parfois un peu d’ennui. Les instants fous n’en sont que renforcés.
Étonnamment, impossible de dire où se déroule la scène. Déroutant mais intriguant.
Bien monté, un livre sur le mode : aujourd’hui, hier et maintenant que devenons-nous.
Un style directe. Franc. Cru. Le lecteur n’est pas épargné. On en redemande. Certainement que la réaction serait différente si le livre était adapté à l’écran.

Je quittais Sotos avec regret. Espérant retrouver Djian très vite.

¨¨

Librairie de Villard de Lans. Petite rivalité entre libraires – peut-être. Son honorable propriétaire laisse échapper une gaugne à l’allusion de Sotos, assortie d’un « celui-là, il n’est pas très bon … Le dernier n’est pas mal ». Il y aurait des bons et des mauvais Djian. À la fois, je n’ai pas aimé tous les Chabrol – pas tous vus d’ailleurs -, ni tous les Dubois – pas tous lus d’ailleurs. J’acquiers le dernier opus dudit Djian, Impardonnables.

Erreur. C’est long. C’est lent. C’est vieux. Plus rien de la sensibilité à vif. On se meut difficilement entre rancune et suspicion, entre grand névrosé suicidaire et mère, dégoutée des hommes, atteinte d’un cancer. Il y a toujours de la drogue, mais elle est pathétique. Il manque le mojo, la précieuse énergie qui avait fait que dans Sotos les personnages borderline n’étaient pas caricaturaux. Déception.
La seule chose qu’il m’en reste est l’évocation d’une rupture totale des liens filiaux. Rupture que jusqu’alors je ne pouvais conceptualiser et encore moins ressentir. Cette fragrance s’imprègne dans mes narines. C’est peut être déjà beaucoup.

J’abandonne quelques temps le roman au profit de l’essai de Pierre Bayard, Le plagiat par anticipation. Cela peut toujours servir.

** Un DVD **

Arte a édité toute une série de documentaires, plutôt bien faits. L’un d’entre eux, ayant trait au Talmud, s’était retrouvé – par l’attention précieuse de ma mère – dans mes cadeaux de Noël. J’avais eu envie de le garder pour le moment opportun. Ce samedi, S. parti skier, je me retrouvais seule, à 9h00, le nez bouché. Parfait pour visionner ce DVD.

Introduction par vous

Tous les vendredis, s’adonner à l’art du commentaire. Commentaire de loi, d’arrêt, de texte. Comprendre, analyser, réfléchir, mettre en parallèle. S’inscrire dans d’autres écrits, dans une réalité séculaire. En être. Par l’étude.

Tous les vendredis soirs. D’autres rituels. Mais il est toujours question de loi. De droit. D’encadrement. Et là aussi, aucune passivité. Interroger le livre, l’analyser, le commenter. En être. Par l’étude.

Le Talmud rassemble la loi écrite et les discussions rabbiniques, les querelles d’écoles, les analyses. De la doctrine. Cela raisonne.

Ce DVD n’explique pas le Talmud. C’est dommage. Ne pas s’attendre à des développements sur le raisonnement talmudique. En revanche, on le voit vivre. Sa naissance, ses destructions, ses résurrections. Quelques propos liminaires et c’est bien tout. Rien à voir avec L’invitation au Talmud de Marc-Alain Ouaknin. Mais les ambitions d’un DVD et d’un livre ne sont probablement pas les mêmes.

** Un ingrédient qui rendrait fou l’amant de BarBara**

Je me suis accrochée au syllogisme comme à un radeau. Agrippées. Pour garder la tête hors des eaux troubles de ma subjectivité. Pour garantir un raisonnement juste.

Lâcher du leste. C’est ce à quoi ma directrice m’incitait. Car les syllogismes nous nous trompent. Tout ce qui est rare est cher. Un cheval bon marché est rare. Alors un cheval bon marché serait cher ? Face à mon radeau qui prenait l’eau, je me suis jetée sur Le raisonnement juridique de M.-L. Mathieu-Izorche.

J’y croisais Aristote et le syllogisme en forme de BarBara. Et un visage connu, mais dans bien d’autres circonstances. Lewis Caroll. Vous ici. Alice au pays des merveilles, traité de logique et du syllogisme. Incroyable. L’ouvrage est truffé de raisonnement fou tel celui-ci : la tête du chat apparait. Le roi ordonne que l’on lui coupe la tête. Le garde indique néanmoins qu’il est bien impossible de couper une tête sans corps. Alors : on peut décapiter tout ce qui a une tête, le chat a une tête, on peut décapiter sa tête ; ou on peut décapiter tout ce qui a une tête et un corps, or, ce chat n’a pas de corps, on ne peut donc pas lui couper la tête. Passionnant.

Cela raisonne.

Pour fêter cela, je me devais d’essayer un ingrédient fou, un ingrédient qui hurlerait EAT ME, un ingrédient qui me ferait grandir du syllogisme : Le PANDAN.

Plus d’œufs. Pas la brioche, pas le cookie. Alors du riz au lait vert.

EAT ME par vous

C’était, semble-t-il, indescriptible. De ce que mon nez bouché m’a laissé percevoir (après avoir sniffé des huiles essentielles), j’ai senti des odeurs d’herbes coupées (peut-être lié aux huiles) et de beurre fondu. À vrai dire, je n’arrive toujours pas à prononcer les « n ». Je reste dans l’expectative. Espère vite retrouver mes sens – sans sniffage intempestif.

MERCI MERCI MERCI encore à ma précieuse donatrice.


L’empreinte que l’humeur laisse sur les livres. Et la tarte aux agrumes.

31 Jan

C’était un peu avant Noël. Je m’en étais remise au libraire de Villard-de-lans, un homme charmant, caustique à souhait qui, chose assez rare me semble-t-il, témoigne toujours d’une douceur presque paternelle. J’adore me promener, ou plutôt tourner dans l’échoppe. Une grande table centrale sur laquelle sont amoncelées des piles de romans, d’essais et même quelques recueils de poésie, qui sur la tranche, qui sur la quatrième de couverture. Autour, des étagères. L’espace est plus qu’optimisé – voilà qui plaît au Suédois -, mais quand même saturé – voilà qui me plaît. 

Je m’en étais donc remise à lui, ne sachant trop que choisir pour accompagner les dernières heures de la journée. Pas triste. Pas de la Shoah. Pas policier. Pas peur. Pas romance. Pas tea time. Pas bien pensance. Pas Camille Laurens. J’étais donc un peu difficile. Mais rien de pire que de gâcher un livre que l’on n’est pas disposé à lire à un moment donné.

Il me mit dans les mains un bouquin de José Luis Sampedoro, Le sourire étrusque. « Tu verras, celui-là, il est magnifique ». Bien, bien. Je lis la quatrième, un peu sceptique. Il semble encore habité par le livre et en parle avec entrain. Insoupçonnable de vente forcée. Il a aimé le livre. Soit. 

 

DSC_1944.jpg par vous

Une musique entendue à un moment de profonde tristesse reste irrémédiablement triste. Elle garde l’empreinte de ce moment. Pour les livres, le phénomène est identique. Il s’imbibe de l’humeur avec laquelle je le saisis. Je n’avais envie de rien, en même temps ma table de nuit était seule et moi avec. Et puis j’aime acheter des livres dans cette librairie. C’est donc avec ce bagage que j’ai commencé, plusieurs semaines plus tard, la lecture du sourire.

Il m’a suivi trois nuits. Ne le lâchant qu’à regret lorsque vraiment la nuit était avancée et que les grognements – réels – de S. se faisaient tels qu’il allait incessamment sous peu se réveiller, lumière oblige. Le lendemain au petit déjeuner il me demandait de ses nouvelles.

– C’est pas mal…

– Quoi, juste pas mal, attends tu t’es couchée super tard.

– Ben, c’est prenant… Mais cela n’a rien de sensationnel. C’est presque cul-cul.

Remarque de ma soeur à l’évocation de la cul-culïstique sourriresque : 

– Cul-cul genre feuilleton de l’été ? 

– Non, ça c’était vraiment Une odeur de gingembre … Non, non, cela ne vaut pas Terre indigo. Nan mais c’est bien quand même, hein. Mais bon ce n’est pas le livre qui marque une vie.

Parce que j’étais tellement difficile en entamant ce livre, qu’il aurait vraiment fallu qu’il soit merveilleux pour me plaire. 

 » À l’occasion d’un examen médical, Salvatore quitte Roccasera et sa Calabre natale pour Milan, où réside son fils. Il fait la connaissance de son petit-fils Bruno, avec une émotion d’autant plus grande que l’enfant porte le prénom qu’il s’était lui-même choisi lorsqu’il combattait avec les partisans. Entre son impossible accoutumance aux us et coutumes de la vie milanaise et sa mémoire qui ne cesse de retourner à la guerre, Salvatore organise sa nouvelle existence. Pour le peu de jours qu’il lui reste à vivre, le vieux paysan n’entend pas se laisser dompter par la modernité citadine… Bouleversant de justesse et de talent, empreint d’une grande humanité, Le Sourire étrusque visite les réalités d’une Italie à plusieurs vitesses. Une histoire d’amour, de résistance et de mort qui se joue du temps ».

Alors, le vieux est très vieux. Et son fils est très mou. Et le vieux paysan est viril. Et son fils est délicat. Et sa femme est dure. Et l’amoureuse du vieux est compréhensive. Et le bébé est en symbiose avec le vieux. Et le vieux se croit encore être un partisan, sauf que là, il lutte contre la grande ville. Et il va mourir. 

Le talent de l’auteur est de faire passer cette histoire d’homme face à sa vie et d’homme face à sa mort… Plutôt bien. Les phrases sont courtes. Pas d’envolée lyrique. Trois jours, c’est court. En même temps c’est suffisant. 

Je crains que l’humeur au jour de l’acquisition n’ait que trop embaumé les pages du sourire.

*

*    *

Pour être complètement honnête, dans les pages du sourire il y avait quand même du soleil de place de village. Celui dont les vieux, assis sur une chaise inoxydable, la cane entre les jambes, se repaissent. Il sent le chaud de l’été. Et c’était rudement bon de le sentir dans cette tarte aux agrumes. (What a transition folks).

 

DSC_1951.jpg par vous

 

The ultimate tarte aux agrumes  – Clea Style

  • Pour la pâte à tarte 
    • 100 g de farine
    • 30 g de poudre d’amande
    • 40 g de beurre (salé)
    • 1 bonne cuillère à café de purée d’amande
    • 1 jaune d’oeuf
    • 25 g de sucre blond de canne
    • Un peu d’eau

Tout mélanger, étaler et cuire à 180° pour une vingtaine de minutes.

  • Pour les agrumes
    • 100 ml de jus d’orange (avec les zestes)
    • 100 ml de jus de pamplemousse 
    • 100 ml de jus de citron
    • un peu d’eau
    • 2 oeufs + 1 blanc (qu’il reste de la pâte)
    • 1 bonne cuillère à soupe de farine (je n’avais pas de maïzena)
    • 120 g de sucre 

Dans une petite casserole mettre le sucre, la farine un peu d’eau et les zestes. Mélanger et faire fondre sur feu doux.

Pendant ce temps, mixez les oeufs avec les jus. Ajouter au mélange sucre/ farine et sur feu vif bien remuer. 

La préparation va sous vos yeux ébahis s’épaissir en quelques minutes. Quand la bonne consistance est atteinte, verser sur le fond de tarte. Laisser un peu refroidir. Vous verrez, elle est incroyable.

Acide.

De l’usage de la litterrature dans la vie de tous les jours

30 Nov

Il était un peu plus de minuit ce mercredi soir, ou jeudi matin. Le film avait commencé en retard, et avait trainé en longueur, au gré des présentations pré-projection et autres débats post-film. Parce que c’est toujours comme ça dans un festival de cinéma, cette première édition du festival Justice à l’écran de Grenoble ne dérogeait pas à la sacro-sainte règle.

Il était donc un peu plus de minuit lorsque leur absence me sauta – pour ainsi dire – aux yeux.

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Entre « le quelqu’un m’a dit » et le « j’t’ai même pas dit » – De la bouche à l’oreille – Il faut que je vous le dise

19 Nov

 

L’humeur vagabonde fait partie des émissions-à-bain ou-à-canapé. Ou -à-bain-à-canapé. Un livre, une pièce, un film, une musique. Sa voix, chaude et enveloppante. Ses questions, précises, délicates, intelligentes. Un moment à soi entre la maison et la maison ronde. Penser avoir appris quelque chose, avoir été émue. Avoir eu envie de lire, de voire, d’écouter, encore après l’émission. 

Depuis cette année, j’écoute avec d’autant plus d’émotion cette émission qu’elle y participe. On entend sa voix de l’autre coté de la radio. Elle nous fait la lecture et parfois nous donne à entendre de jolis sujets. Cela me semble étrange et si naturel.

Ce soir, l’humeur feuillettera « le vrai goût de New-York en 50 recettes » de Jean-Louis André et Jean-François Mallet.

 

Hâte de les entendre. Voir s’il sera question de NY Cheese-Cake, de pastrami et autres fairy cupcakes et bagels. Voir si la vision que j’ai de la NY food, fondée sur une mince experience personnelle, des reportages culinaires, un blog new-yorkais ou celui d’un gourmet en vacances… Voir si elle est partagée ou, au contraire, déformée, enjolivée, idéalisée. Voir s’ils ont réussi à ne pas tomber dans le cliché.

Et puis, l’humeur prendra un verre au Bob juice bar, dont on m’a tant parlé. J’imagine un Rose-Bakery new-yorkais à Paris. Le cliché peut aussi avoir du bon.

 

juicebarD.jpg par vous

 

*

 

*          * 

 

Sa vie est tout à fait fascinante. Tellement qu’elle ouvre un blog. Tellement qu’elle ouvre un blog excellent. Drôle, fin, un peu bobo, beaucoup girly. Tellement qu’elle l’a publié. Tellement elle a de visites. 

Elle est d’autant plus fascinante qu’elle a créé un site : mon beau sapin.org. Le concept est aussi incroyable que son auteur : tous les jours, un auteur de BD poste un dessin. Tous les jours, Orange comptabilise le nombre de visite sur le site. Jusqu’au 25 décembre, jour où cette société offrira, au prorata de la fréquentation, un chèque à la Croix rouge pour offrir aux enfants des cadeaux. 

Allons-y, Allez-y, Parlez-en.

 

 

 

 

 

Se l’avouer – J’aime les volcans – Tom Sawyer et Peter Pan – Et qui veut des bouts du septième ?

10 Nov

Vous vous promenez appareil photo en bandoulière et ramenez de jolis trophées. J’aimerais passer, si ce n’est la fin de mes jours, du moins la fin de ce jour dans les arbres que vous prenez en photographie. Perchée, comme le baron. De blogs en blogs, d’arbre en arbre, j’irai en Allemagne et puis en Grande-Bretagne et au Canada. Je dégusterais les petites merveilles locales, celles que vous glisseriez dans un panier et que je récupérerais avec une corde. Dans mes rêves, il y aurait des cookies moelleux au potiron et chocolat et des hermit cookies aussi ; je gouterais bien cette mystérieuse confiture et dans un autre genre la recette de briouats express d’agneau aux épices et les lasagnes de Gracianne. Sur du bon pain (que j’aurais fait en utilisant une farine bio pour les nuls), j’étalerais de la marmite et de l’home made apple butter. Après ce festin, je m’allongerais sur une branche, emmitouflée dans une grosse doudoune et somnolerais.

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Je rêve de maisons et d’appartements vendus. De terrasses sur lesquels nous avions l’habitude de croquer dans des tranches de baguettes grillées. Celles sur lesquelles le beurre bien froid fondait délicatement. De vignes où l’on se cachait. D’un saule pleureur avec une balançoire dessous. Je respire le parfum des roses de dessous l’escalier et celui des petites fleurs dans l’allée de la piscine. Le grand figuier. Tout ces lieux où nous n’irons plus. Tout ces visages, définitivement perdus. Le temps s’écoule inéluctablement. Me laissant aussi triste que perplexe.

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Les aventures de Tom Sawyer--Marc TwainÀ la radio, l’autre jour, Rebbeca M. parlait de la ré-édition de Tom Sawyer. Nouvelle traduction. Plus proche des « vrais mots » qu’aurait pu dire ce gamin du sud des États-Unis. De lui, je ne connaissais que le dessin animé et son visage un peu mangaïsé. Il courait sur les berges du Mississipi et Tom Sawyer c’était vraiment un ami. La couverture était plutôt jolie et bien que le libraire ait paru un peu désabusé à l’idée de cette lecture, je l’ai ramené à la maison (Tom, pas le libraire). Il m’a accompagné un petit bout de temps et c’était bien agréable. Inutile de s’y plonger des heures durant, un petite séance, comme ça, juste avant de se coucher, une aventure et au lit.

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Depuis le début de l’année, un vieux monsieur à bonnet vend ses produits. Butternut à un euro le kilo. Du chou aussi. Et des pommes de terre. La nostalgie me guettant plus que sévèrement, je prépare des plats régressifs. De la purée. Celle dans laquelle on façonnait des routes et des volcans. Comme je suis un peu plus grande qu’hier, cette purée je l’ai faite moi même avec ce que j’ai et aime : de la purée au butternut avec de la kikkoman pour faire la lave.

Volcan sans jus par vous

 

  • Un petit butternut
  • Autant de pommes de terre
  • Sauce Kikkoman

. Préchauffer le four à 200°

. Couper le butternut en deux dans la longueur et éppepiner.

. Enfourner avec un petit bol d’eau jusqu’à ce que le butternut soit cuit (la pointe du couteau s’enfonce)

. Faire cuire les pommes de terres (eau ou vapeur, peu importe)

. Écraser les deux sortes de légumes ensemble.

. Servir tel quel.

La Kikkoman relève vraiment bien le gout de noisette du butternut.

*

* * *

Il y a quelques temps, la fille aux doigts d’or a lancé un appel depuis son blog : qui veut de la boite à sardines ? Moi bien sur. Le septième est un lieu peu fréquenté, mais si vous aussi vous souhaitez partager cette jolie expérience du colis inconnu provenant d’une personne un peu connue et un peu inconnue, je serais très heureuse de vous envoyer des bouts de septième. Avis au trois premiers commentateurs !

EDIT : J’ai bien sur oublié de vous précisez que, pour les teneurs de blogs tout du moins, l’idée est que vous poursuiviez le jeu en proposant vous-même des envois surprise !

EDIT Bis : Et bien voilà, j’ai mes trois colis ! Merci à La Mangue, Nathalie et Patoumi de s’être prêtées au jeu ! J’ai une petite pression là quand même !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Mémoires olfactives, L’Eau sauvage de Valérie Mréjen et des cannelés sans moules idoines

19 Août

Mémoire olfactivePeau sucrée par vous

Les oreillers du lit de ses parents,

La peau de sa petite sœur,

La fumée sucrée et vanillée de la pipe,

Les cahiers neufs,

Le bois ciré du buffet de l’entrée,

Le cigarillo,

Les draps de son lit d’enfant,

Le fart des skis dans la chaufferie du chalet,

Les roses de la maison de mes grands-parents,

L’Old Spice,

La fleur d’oranger des gâteaux au yaourt,

L’air pur et fumé du plateau du Vercors,

Le malibu sur cette robe,

Le parfum d’intérieur de ses parents,

Shalimar.

Ses cheveux.

Fragrances précieuses. Imprimés inconscients. Petites miettes téléportatrices vers nos meilleurs – ou pires – souvenirs. L’essentiel s’y résume. Fumet intime, impossible à partager, mais que l’on aimera évoquer tout de même.

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* On peux s’arrêter là ? Non, en haut. Un livre sportif pour rester dans le ton et de la tarte aux mirabelles

15 Août

Il est 6 h. du matin. La radio s’allume. Les jeux olympiques. Encore.

Un pied, deux, quatre. Debout. Café ? Non, thé s’il te plait.

Voiture. Nous prenons la route des vacances. Celle qui passe par Lus-la-croix-haute. Il y a toujours plein de camions. Un peu moins maintenant. Avec l’autoroute. Virages en foret.

Nous nous arrêterons avant. Gresse-en-Vercors.

Ascension du Grand Veymont.

Grand Veymont par vous

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* Le souffle court d’Apprendre à finir

28 Juil

Il est des livres dont on sait qu’ils nous arriveront dans les mains. Ce que l’on ignore, c’est quand.

Apprendre à finir a été couronné du prix du livre Inter. En 2001. J’ai la quasi certitude de l’avoir commencé. J’avais sans doute du le voir dans la bibliothèque de ma mère, feuilleté, comme ça, un peu debout, un peu une jambe repliée sur le genoux de l’autre. Et puis non.

Dans la librairie, ce livre est redescendu de mes souvenirs. Cela convenait à la situation, Apprendre à finir.

*

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* Que croyez-vous qu’il se passât au cours des derniers mois ? Un peu moins de mets et un peu plus de mots

22 Juil

J’ai fait un rêve où il était question d’agrégation et d’épreuve de 24 heures. Les sujets étaient les suivants « la finitude du temps » et « la révolution de l’écriture ».

Apprendre à finir. Écrire même si ce n’est pas aussi bon que je le souhaiterais. Écrire même si l’on a pas tout lu. La thèse avance depuis. Beaucoup mieux. Je crois.

Comme les vases communicants, ce qui occure ici n’advient plus là. Je continue à  visiter vos cuisines, sur la pointe des pieds. J’admire votre constance. Vos belles réussites. Et puis le temps passe et je pense à ce que je pourrais vous dire.

 » Écoute aujourd’hui ça va plutôt bien, j’ai du lire quarante pages de mon bouquin « .

Je lis, je lis et je lis.

Alors voilà, cet été, je vous ferai surtout partager des lectures.


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– Mot du jour #11

21 Mai

Ménandier

(Photo clikable)

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– Mot du jour #10

20 Mai

Igvimistir

(Photo clikable)

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* Girliquement acide – Gally, la tarte à la framboise et à la rhubarbe, quand j’étais peste, quand il était voleur

28 Avr

Télérama chronique « le blog d’une grosse« . Cathy, aussi gourmande qu’acide, aussi rose que ronde, décrit sa vie sur sa balance. Sa vie dans son frigo. Sa vit dans son lit. Sa vie tout à fait fascinante.

Cathy rit avec ironie et sensibilité d’elle. Elle se dessine. Elle se montre. On la lit, on la découvre. Sans voyeurisme pourtant.

Cathy, en fait, c’est Gally. Gally a son « autre » blog. Elle en a un aussi un autre avec son amoureux.

Cathy est auteure de bandes-dessinées. J’ai dévoré son dernier opus : Sale morveuse, en mangeant de la tarte à la rhubarbe et à la framboise… Et puis après on s’est raconté des histoires un peu honteuses.

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Chronique d’un Combat ordinaire

25 Avr

Marco Louis est photographe et, en quête de lui-même, fuit la banlieue parisienne pour se reconstruire à la campagne.

Le Combat ordinaire, tome 1 - Prix du meilleur album, Angoulême 2004Les Quantités négligeables

Manu Larcenet est dessinateur. Il s’est réfugié dans un havre de verdure et raconte des histoires formidables.

Ce qui est précieuxPlanter des clous

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Mot du jour #9

19 Avr

Agdonvrer

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Se revoir, trois semaines, trois mois, vingt ans plus tard… Des petites choses d’ailleurs

15 Avr

C’était il y a presque vingt ans.

Incroyable à nos ages de se projeter en vingtaine d’année. C’était il y a vingt ans dans une petite école, dans une petite ville, à coté de la place du marché, à coté d’un lac. Il y avait des jeux dans la cour, notamment, à en croire mes souvenirs, « la cage d’écureuils » et des marelles au sol. Une grosse bouche d’égout ronde occupait un place essentielle dans nos jeux. L’infirmerie se trouvait dans une petite tour, au fond de la cour.

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Lire et écrire… et manger de la soupe miso au potiron

8 Avr

Fermer le livre le cœur battant et les larmes aux yeux

C’était un vendredi. PL venait de rentrer à Grenoble, nous avions déjeuné à la maison. Après le repas, harassée de fatigue qu’elle était, ses jambes s’étaient précipitées sur le canapé rouge. Son petit corps s’était pelotonné et ses yeux doucement s’étaient fermés. Une couette sur elle pour ne pas qu’elle ai froid. Pendant ce temps là, je rangeais deux trois choses dans la cuisine, le temps d’entendre le frémissement de l’eau dans la bouilloire. Elle était paisible, ses paupières laissaient deviner de très fines veines bleues. Comme quand elle était petite.

S. m’avait offert le week-end précédant un livre. L’année dernière nous avions pu assister au salon. Nous avions rencontré Joan Sfar et Lewis Trondheim. Je ne connaissais pas encore Boulet, Gally, Pénélope et Loicsecheresse mais j’avais découvert Alexis Clérisse dont le jazzman ondulé n’avait pas été sans me rappeller Voutch. Cette année nous avons entendu, lu et vu passer le salon. Dommage parce que j’aurais bien aimé y aller. Pour y être. Pour ne pas rester dehors. L’humeur était vagabonde et le monde n’a pas cessé d’occuper le canapé. Jusqu’à ce qu’un ouvrage, Moi Anastasia, vienne par l’enchantement amoureux prendre sa place dans mon sac.

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Vouloir du bien et le faire

23 Mar

Il y a quelques temps, mes noms étaient cités. C’était pour moi une grande fierté. Être sinon appréciée, du moins reconnue par les personnes que l’on estime, que l’on lit, que l’on aime retrouver.

J’ai encore ressenti cela cette semaine.

À l’improviste, je me promène sur une base de données. Au hasard de lectures d’articles, je déchiffre, au bas d’une chronique de droit administratif mon nom, accompagné de la référence de l’article que j’ai écrit il y a un moment. L’auteur est un professeur des plus brillants… Un de ceux devant lesquels je me sens vraiment minuscule. Presque une erreur d’être là. Benoit Plessix, c’est son nom. Savoir qu’il m’a lu, a sans doute trouvé l’article à son gout … Et a tapé sur son clavier chaque lettre de mon nom. Entrer, l’espace de quelques instants, dans le quotidien d’un inconnu-connu.

Dans mon autre vie. WordPress indique une visite depuis une ancienne note de Patoumi. Étrange puisque je signe (avec url) depuis peu, et à vrai dire très épisodiquement. J’aime l’idée de ne pas se servir des autres blogs pour promouvoir son propre jardin… Si tant est que l’on ait envie de promouvoir ce jardin. Laisser son adresse à ceux que l’on souhaite accueillir chez soi. Intriguée, cliquée, notre appartement veut du bien à Patoumi.

Simplement pour lui dire à travers ces quelques lignes qu’elle ne s’est pas trompée.

Je suis heureuse qu’elle se sente bien ici.

Qu’elle sache tout le plaisir que j’ai à me rendre régulièrement chez elle… Et d’y avoir une petite place maintenant.

Des émotions cinematographiques pour rattraper le temps perdu… et une tarte aux myrtilles et griottes

23 Mar

Contrairement à ce qu’avaient dit les critiques du Masque, My blueberry nights fut une vraie révélation. Je crois qu’avant, j’ignorais ce qu’était qu’être réalisateur. Loin de l’ambiance « clippeuse », j’avais été sidérée par les couleurs, le temps, la fumée de la cigarette de Jude Law, le froid, la fatigue, le jeu, le son, Cat Power. Une fois de plus, les belles lettres de Patoumi m’avaient émues…

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