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Gateau aux amandes pour week-end pluvieux

31 Mai

Il ne faisait pas si beau, et en dépit d’envies estivales, tirant sur le barbecuesques, un bon poulet cocotte et des petits gateaux aux amandes se sont avérés parfaits pour écouter tomber les trombes. Comme une galette sans pâte feuilletée. Dans l’idéal j’y aurais adjoint quelques belles cerises ou oreillons d’abricots au sirop .

Convient également pour une fête des voisins. Avec thermos de thé et Cake d’après la gym.

Le (presque) gateau sorti tout droit du Pétrin de Sandra Kavital (mais sans la croute)

  • 150 g de poudre d’amandes
  • 130 g de sucre
  • 1/2 cc d’extrait d’amandes amères
  • 1 cc de fève tonka
  • 3 oeufs
  • 90 g de beurre tempéré
  • 45 g de farine
  • 1/2 cc de levure chimique

– oeufs + sucre PUIS amandes + fève tonka + extrait PUIS beurre tempéré PUIS farine et levure.

– 20 minutes à 180 ° pour des moules d’environ 8 centimètres.

D’autres vies que la mienne et des muffins au chocolat et à la noix de coco pour redonner de l’épaisseur à tout ça

3 Mai

Assise Affalée sur une chaise de jardin, les jambes étendues sur une autre. Il fait chaud pour la première fois de l’année. Nous avons englouti le barbec’ inaugural de saison, une salade assaisonnée à la perfection et un Saint honoré bien trop ambitieux. Il doit être aux alentours de 15h. Je renonce à l’écriture de l’article qui m’aurait confiné dans une chambre. D’Autres vies que la mienne m’importe et j’en reprends la lecture.

Il ne me faudra pas longtemps pour re-sentir le désarroi de la perte d’une sœur, d’une enfant, d’une précieuse collègue de travail, d’une mère. La colère sourde du renard qui sommeille dans le ventre, le chagrin inondant le diaporama. Et puis, au détour de quelques pages, de manière complètement inattendue, je verrai mon sujet de thèse intéresser des magistrats.

Incroyable tout ce que la vague des autres vies que la sienne bouleverse. L’impression de s’être confrontée à des instants attroces. D’avoir vécu l’instant où tout bascule. Le moment où, maintenant, la vie ne sera plus jamais comme avant. Et puisque la démarche de lire est volontaire, pourquoi vouloir ressentir ces chocs. Parce que ces temps là sont rendus si quotidiens. Parce que cela pourrait être demain. Parce que l’auteur y décrit la beauté des gestes mutuelles attestant l’amour des uns envers les autres. Acquérir des expériences. S’en sortir plus forte. Sensible.

Seul hic, presque inavouable, Emmanuel Carrère. Je l’imaginais grand, altier, châtains clairs et dans le soleil ces cheveux seraient devenus blond. Il ne ressemble aucunement à sa version fantasmée. Phénomène étrange, après avoir vu sa photo, il m’était impossible de calquer le livre sur son visage. Impossible de l’imaginer lui, dans son rôle. Je m’en suis voulue comme d’être allée voir au cinéma un roman apprécié. Comme si son histoire devenait factice. Comme une réplique gâchée par un mauvais acteur. C’était injuste. À bien y réfléchir, cet incident m’a rendu le roman. Les faits sont véridiques, mais ce n’est pas un real book. C’est un roman parce que les événements sont relatés. Mis en scène. Une subjectivité s’immisce nécessairement. C’est ce qui en fait un roman. Un excellent roman. C’est aussi ce qui pose une distance salvatrice entre la (ma) vie et celle du livre. Celle qui permet de se dire que, aujourd’hui, tout va bien.

À 18h30, j’avais des points rouges au bords des lèvres. Je remerciais le soleil d’estomper les larmes sur la robe et de m’autoriser à porter mes lunettes de soleil. Vivre cette expérience dans un lieu dénué d’intimité et devoir s’expliquer de tout ça n’était pas idéal. J’ai fermé les yeux, profité de la chaleur du moment et pris une grande inspiration. Je crois être passée inaperçue.

C’était un excellent premier mai.

En dépit de tout ce que j’avais ingéré, je me sentais complètement liquéfiée. Pour reprendre un peu de texture, les muffins au chocolat et noix de coco de Bob me semblait appropriées. Ai procédé à quelques modifications (aucun gout pour le chocolat en poudre). Résultat des plus convaincants.

Les muffins Choc/Noix de coco pour redonner de l’épaisseur

Pour 6 muffins dans des moules de 6 à 7 ctm de diamètre :

– Les ingrédients secs :

  • 50 g de farine complète
  • 100 g de sucre
  • 1 cc de levure chimique
  • 30 g de noix de coco râpée

– Les ingrédients liquides :

  • 40 ml de lait de coco
  • 50 g de chocolat noir à faire fondre dedans (on peu encore monter la dose à 85. À 50 c’était presque limite)
  • 60 ml d’huile de tournesol (un vrai plus comparé au beurre, le muffin gagne en moelleux).
  • 2 œufs, blanc et jaunes séparés

– La recette

  • Four à 200°
  • Mélanger d’abord tous les ingrédients secs
  • Huile + jaunes d’œufs
  • Lait de coco + chocolat à faire fondre
  • Intégrer le liquide avec le sec
  • Monter les blancs en neige et les incorporer à la préparation
  • Mettre dans les moules et saupoudrer d’un peu de noix de coco
  • Cuire 20 minutes.

Au final, les muffins sont très moelleux, pas secs du tout, un vrai gout de noix de coco (la conjonction lait + noix râpée est à cet égard est vrai succès). Ils se conservent parfaitement. Idéal avec un genmaicha et un bencha hojicha.

Le remplaçant de cet après-midi était savoureux, le gingembre fumant l’était tout autant

26 Avr

« C’était il y a cinq ans. Un ami m’avait envoyé des Etats-Unis le magnifique ouvrage de Claudia Roden, The book of Jewish Food, sur la cuisine juive dans le monde. Je m’étais assise à ma table et je le lisais, comme on lit des poèmes ou des contes, tournant les pages avidement, incrédule face aux richesse que me dévoilait chaque chapitre organisé autour d’une région. J’arrivais enfin à ce qu’elle nomme « Anglo-Jewery » et qui désigne en fait la cuisine russo-polonaise. Je passai rapidement la section des soupes et des nouilles pour me plonger dans la pâtisserie. Je lus le gâteau au fromage blanc, l’apfel strudel, et soudain, mes yeux s’emplirent de larmes car je me rendis compte que j’étais en train de déchiffrer la recette des biscuits de ma grand-mère Tsila, disparue une dizaine d’années plus tôt.

Les pletz (c’est ainsi qu’elle les nommait) étaient de petits sablés au graines de pavots, dont la production hebdomadaire assurait la consommation quotidienne. Elle les conservait dans une boite en fer-blanc carrés que j’adorais ouvrir, que j’adorais qu’elle ouvre. Les pletz étaient une nourriture parfaite : croquants, pas trop sucrés, parfois grillés sur les bords. Ils étaient irréguliers et souvent assez moches, parce que ma grand-mère n’avait rien d’une maniaque ; mais leur disgrâce ne faisait qu’ajouter à leur magie.

Je pleurais en lisant la recette à cause du souvenir du pletz émmieté dans le thé de Mami, à cause des choses perdues et jamais retrouvées, à cause de l’enfance si lointaine.

Une semaine plus tard, je décidais d’en fabriquer une fournée. J’achetais les ingrédients nécessaires et entrains dans ma cuisine, armée du livre rédempteur. je le feuilletai rapidement, impatiente de retrouver la page que j’avais dû corner. Mais non, je tombais systématiquement sur le lekeh, ou les oumentashen. »

Agnès Desarthe, Le remplaçant, Édition de l’Olivier, 2009.

Tout raisonne. Le rythme. La sonorité des mots. Les dibboucks. L’analyse des objets précieux, entreposés dans les placards des grands parents. Les histoires que l’on s’invente. Tout.

87 pages de plaisir, de sourires, de serrement de gorge. 87 pages d’hommage au remplaçant de son grand-père. 87 pages de réflexions enfantines. 87 pages à lire. Évidemment. Résolument.

*

* *

S’il fait soif et que votre gosier réclame du chaud, un breuvage simplement délicieux, une infusion de gingembre frais.

  • De l’eau frémissante
  • Du gingembre frais coupé en dés
  • Éventuellement un peu de sucre

Placer les dés de gingembre dans un petit sachet ou une boule à thé et verser de l’eau chaude dessus, dans un thermos. Laisser infuser le temps que vous jugerez nécessaire selon votre gout, et agrémenter au besoin d’un peu de sucre.

Presque pas une recette, mais une boisson découverte et non oubliée depuis, dans un lieu où l’on parle avec un accent et où l’on déguste, simplement, des smoothies, muffins, sandwiches et salades. Au Bob Juice Bar.

Des livres, de l’étude du livre, de la logique … Et un ingrédient fou

9 Mar

DSC_2834_1 par vous

Écrire encore encore encore.
Se sentir produire.
Vivre, en fait.
Finir d’écrire. Pour un moment.
Souffler.
Respirer.
Puis ne plus le pouvoir. Sinusite, mouchoirs, huiles essentielles.
La grande armada au chevet.
Au programme : des livres, un DVD et un ingrédient qui rendrait fou l’amant de BarBara.

** Des livres **

La radio s’ouvre tous les matins, à 6h45. Heureux moments que ceux du demi-someil. Encore un peu. Se rendormir en renouvelant les douces pensées adressées à notre oreiller quelques heures auparavant.
Un de ces matins, la voix de Philippe Djian m’avait fait rire. Je ne me souvenais que de cela lorsque, finalement, je m’étais levée.
Plus tard,  j’entrais dans la librairie et demandais à l’homme aux milles et unes chemises mais à l’unique paire de lunettes de me conseiller pour « mon premier Djian ». Serrement au cœur, une mou traverse son visage. Une mou à la mouai, une mou à la bof, une mou à la « et-celui-ci-il-est-vraiment-bien-vous-devriez-le-lire ». L’auteur qui avait fait rire mon peu de conscience n’emballait pas mon libraire, auquel pourtant je livrais ma table de chevet en pleine conscience.

Il me recommandait finalement Sotos après un : « Celui-là est pas mal » et cette précaution d’usage : « oui, Djian, c’est assez visuel comme écriture. Cela fait très série ».

Folle corrida par vous

Lecture rapide. Bon signe. Et je n’étais pas encore malade.
L’histoire importe peu. Dans ce livre, on court, on boit, on a chaud, on se baigne, on saigne, on brûle, on pique. Beaucoup d’émotions. Parfois un peu d’ennui. Les instants fous n’en sont que renforcés.
Étonnamment, impossible de dire où se déroule la scène. Déroutant mais intriguant.
Bien monté, un livre sur le mode : aujourd’hui, hier et maintenant que devenons-nous.
Un style directe. Franc. Cru. Le lecteur n’est pas épargné. On en redemande. Certainement que la réaction serait différente si le livre était adapté à l’écran.

Je quittais Sotos avec regret. Espérant retrouver Djian très vite.

¨¨

Librairie de Villard de Lans. Petite rivalité entre libraires – peut-être. Son honorable propriétaire laisse échapper une gaugne à l’allusion de Sotos, assortie d’un « celui-là, il n’est pas très bon … Le dernier n’est pas mal ». Il y aurait des bons et des mauvais Djian. À la fois, je n’ai pas aimé tous les Chabrol – pas tous vus d’ailleurs -, ni tous les Dubois – pas tous lus d’ailleurs. J’acquiers le dernier opus dudit Djian, Impardonnables.

Erreur. C’est long. C’est lent. C’est vieux. Plus rien de la sensibilité à vif. On se meut difficilement entre rancune et suspicion, entre grand névrosé suicidaire et mère, dégoutée des hommes, atteinte d’un cancer. Il y a toujours de la drogue, mais elle est pathétique. Il manque le mojo, la précieuse énergie qui avait fait que dans Sotos les personnages borderline n’étaient pas caricaturaux. Déception.
La seule chose qu’il m’en reste est l’évocation d’une rupture totale des liens filiaux. Rupture que jusqu’alors je ne pouvais conceptualiser et encore moins ressentir. Cette fragrance s’imprègne dans mes narines. C’est peut être déjà beaucoup.

J’abandonne quelques temps le roman au profit de l’essai de Pierre Bayard, Le plagiat par anticipation. Cela peut toujours servir.

** Un DVD **

Arte a édité toute une série de documentaires, plutôt bien faits. L’un d’entre eux, ayant trait au Talmud, s’était retrouvé – par l’attention précieuse de ma mère – dans mes cadeaux de Noël. J’avais eu envie de le garder pour le moment opportun. Ce samedi, S. parti skier, je me retrouvais seule, à 9h00, le nez bouché. Parfait pour visionner ce DVD.

Introduction par vous

Tous les vendredis, s’adonner à l’art du commentaire. Commentaire de loi, d’arrêt, de texte. Comprendre, analyser, réfléchir, mettre en parallèle. S’inscrire dans d’autres écrits, dans une réalité séculaire. En être. Par l’étude.

Tous les vendredis soirs. D’autres rituels. Mais il est toujours question de loi. De droit. D’encadrement. Et là aussi, aucune passivité. Interroger le livre, l’analyser, le commenter. En être. Par l’étude.

Le Talmud rassemble la loi écrite et les discussions rabbiniques, les querelles d’écoles, les analyses. De la doctrine. Cela raisonne.

Ce DVD n’explique pas le Talmud. C’est dommage. Ne pas s’attendre à des développements sur le raisonnement talmudique. En revanche, on le voit vivre. Sa naissance, ses destructions, ses résurrections. Quelques propos liminaires et c’est bien tout. Rien à voir avec L’invitation au Talmud de Marc-Alain Ouaknin. Mais les ambitions d’un DVD et d’un livre ne sont probablement pas les mêmes.

** Un ingrédient qui rendrait fou l’amant de BarBara**

Je me suis accrochée au syllogisme comme à un radeau. Agrippées. Pour garder la tête hors des eaux troubles de ma subjectivité. Pour garantir un raisonnement juste.

Lâcher du leste. C’est ce à quoi ma directrice m’incitait. Car les syllogismes nous nous trompent. Tout ce qui est rare est cher. Un cheval bon marché est rare. Alors un cheval bon marché serait cher ? Face à mon radeau qui prenait l’eau, je me suis jetée sur Le raisonnement juridique de M.-L. Mathieu-Izorche.

J’y croisais Aristote et le syllogisme en forme de BarBara. Et un visage connu, mais dans bien d’autres circonstances. Lewis Caroll. Vous ici. Alice au pays des merveilles, traité de logique et du syllogisme. Incroyable. L’ouvrage est truffé de raisonnement fou tel celui-ci : la tête du chat apparait. Le roi ordonne que l’on lui coupe la tête. Le garde indique néanmoins qu’il est bien impossible de couper une tête sans corps. Alors : on peut décapiter tout ce qui a une tête, le chat a une tête, on peut décapiter sa tête ; ou on peut décapiter tout ce qui a une tête et un corps, or, ce chat n’a pas de corps, on ne peut donc pas lui couper la tête. Passionnant.

Cela raisonne.

Pour fêter cela, je me devais d’essayer un ingrédient fou, un ingrédient qui hurlerait EAT ME, un ingrédient qui me ferait grandir du syllogisme : Le PANDAN.

Plus d’œufs. Pas la brioche, pas le cookie. Alors du riz au lait vert.

EAT ME par vous

C’était, semble-t-il, indescriptible. De ce que mon nez bouché m’a laissé percevoir (après avoir sniffé des huiles essentielles), j’ai senti des odeurs d’herbes coupées (peut-être lié aux huiles) et de beurre fondu. À vrai dire, je n’arrive toujours pas à prononcer les « n ». Je reste dans l’expectative. Espère vite retrouver mes sens – sans sniffage intempestif.

MERCI MERCI MERCI encore à ma précieuse donatrice.


* Mémoires olfactives, L’Eau sauvage de Valérie Mréjen et des cannelés sans moules idoines

19 Août

Mémoire olfactivePeau sucrée par vous

Les oreillers du lit de ses parents,

La peau de sa petite sœur,

La fumée sucrée et vanillée de la pipe,

Les cahiers neufs,

Le bois ciré du buffet de l’entrée,

Le cigarillo,

Les draps de son lit d’enfant,

Le fart des skis dans la chaufferie du chalet,

Les roses de la maison de mes grands-parents,

L’Old Spice,

La fleur d’oranger des gâteaux au yaourt,

L’air pur et fumé du plateau du Vercors,

Le malibu sur cette robe,

Le parfum d’intérieur de ses parents,

Shalimar.

Ses cheveux.

Fragrances précieuses. Imprimés inconscients. Petites miettes téléportatrices vers nos meilleurs – ou pires – souvenirs. L’essentiel s’y résume. Fumet intime, impossible à partager, mais que l’on aimera évoquer tout de même.

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* On peux s’arrêter là ? Non, en haut. Un livre sportif pour rester dans le ton et de la tarte aux mirabelles

15 Août

Il est 6 h. du matin. La radio s’allume. Les jeux olympiques. Encore.

Un pied, deux, quatre. Debout. Café ? Non, thé s’il te plait.

Voiture. Nous prenons la route des vacances. Celle qui passe par Lus-la-croix-haute. Il y a toujours plein de camions. Un peu moins maintenant. Avec l’autoroute. Virages en foret.

Nous nous arrêterons avant. Gresse-en-Vercors.

Ascension du Grand Veymont.

Grand Veymont par vous

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Semaines 33 & 34 – 21 avril au 4 mai 2008 – et Thé glacé

4 Mai

Après un petit détour parisien, raconté dans le menu détail dans différentes notes en ce moment, retour à la vie normale, par ce printemps estival… Enfin, pas si estival que cela pour tout le monde : il faut savoir que Septième de la Tour, côté Est ou nous nous trouvons, est en réalité une glacière… Si bien que lorsqu’il fait presque 30° dehors, nous arrivons à grand peine à une petit 22 tout mouillé de chaud… Bref, on se caille !

De quoi devenir complètement schizo ! (photo clikable)

Mais comme il fait bon dehors, on fait comme si… Alors je me suis remis à faire du thé glacé…

(photo clikable)

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